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Date:January 10, 2018

Le directeur général de l’ONI visite Le Nouvelliste

La volonté d’offrir un meilleur service à la population est là. Cependant, les responsables de l’Office national d’identification (ONI) n’ont pas les moyens de leur politique. En visite de courtoisie, lundi, au Nouvelliste, Jude Jacques Elibert et Stéphanie Rodriguez, respectivement directeur général et directrice administrative de l’ONI, expliquent au journal pourquoi ils peinent à satisfaire à la demande croissante de cartes d’identification nationale.

La carte d’identification nationale n’est pas simplement une carte électorale. C’est une carte qui est valable pour 10 ans. C’est une pièce d’identité nationale obligatoire dans les institutions publiques comme dans les institutions privées. Actuellement, l’ONI doit renouveler quatre millions de cartes expirées et produire en même temps des millions d’autres pour ceux et celles qui viennent d’avoir 18 ans. Un travail compliqué pour une institution qui n’a pas les ressources nécessaires. « Le budget avec lequel nous fonctionnons ne comprend pas une rubrique pour le renouvellement des cartes », a indiqué Stéphanie Rodriguez, directrice administrative de l’ONI.

Pendant une quarantaine de minutes lundi, le directeur général et la directrice administrative de l’ONI ont expliqué au journal leur situation. L’ONI ne dispose pas assez de matériels ni de ressources humaines pour remplir sa mission, a confié Jude Jacques Elibert. Il lui faut un budget d’investissement pour renouveler les matériels pour la plupart obsolètes et un budget de fonctionnement pour pouvoir payer les services d’un personnel adéquat.

Avec 143 bureaux à travers le pays, environ 700 matériels d’enregistrement, 225 opérateurs, des imprimantes qui n’ont pas d’encre et une demande croissante, le budget de 160 millions de gourdes ne permet pas à l’Office national d’identification de répondre aux exigences de population. Dans tous les centres d’enregistrement et de livraison à travers tout le pays, le constat est le même. Les gens se bousculent tous les jours dans l’espoir d’avoir la précieuse carte d’identification exigée partout sur le territoire.

Le directeur général de l’ONI espère disposer de 300 millions de gourdes de plus pour pouvoir fonctionner normalement du lundi au dimanche et tripler son personnel. Pour renouveler ses équipements, il lui faudrait environ 30 millions de dollars. C’est pourquoi Jude Jacques Elibert souhaite un budget rectificatif dans lequel l’ONI aura les moyens nécessaires qui lui permettront de remplir sa mission. Pour le directeur de l’ONI, avec des moyens financiers adéquats, un personnel qualifié et en quantité et des équipements, l’Office d’identification nationale répondra facilement aux besoins de la population.

Economiquement, l’ONI dépend du ministère de la Justice, son ministère de tutelle. Parce que son service est totalement gratuit, cette institution, qui devrait être autonome, ne peut fonctionner sans l’aide du gouvernement. Si la première carte est gratuite, Jude Jacques Elibert estime que le contribuable devrait payer pour refaire sa carte quand elle est perdue ou autre…Cela, a-t-il dit, permettra à l’ONI de répondre à certaines de ses exigences.

Outre le directeur général qui est nommé, tous les 300 membres composant le personnel de l’ONI sont des contractuels. Une situation qui inquète le personnel à chaque expiration de son contrat. Il y a même des retards dans le paiement des contractuels. Ce qui, bien entendu, n’est pas sans conséquence sur leur capacité de rendement. Jude Jacques Elibert veut pouvoir faire des nominations parce que l’ONI est une institution pérenne.

Outre l’enregistrement, le DG de l’ONI promet d’améliorer le service de livraison des cartes d’identification.

Pour essayer de décongestionner les bureaux, l’ONI fait du porte-à-porte et apporte le service chez des entreprises publiques et privées pour les employés notamment dans l’aire métropolitaine. Pour toute demande en ce sens, les intéressés peuvent contacter le secrétariat de l’ONI au 3333-4170 ou écrire au kdceva@hotmail.com.

L’ONI veut avoir les moyens pour décentraliser ses services dans les marchés publics, dans les universités, les églises, entre autres. Mais encore une fois, la question de moyens économiques et matériels revient sur le tapis.